Textos

Feliz Navidad

A Punta Arenas le soir du 24 décembre ma logeuse Carolina m’a invité à passé la soirée de Noël avec sa famille. Soirée traditionnelle, les deux petites filles très excitées, le repas excellent (et pas trop lourd !), on suit sur internet le parcours du Père Noël dans le monde et quand il arrive sur le Chili les cadeaux sont livrés dans le salon pile à minuit. Enfin plaisir d’ouvrir les cadeaux. Entretemps on a mis l’invité parfaitement à l’aise comme s’il était un tonton qui habite loin.
A une époque où dans mon pays des connards pensent que les étrangers sont responsables de tous les maux, cette accueil et cette attitude bienveillante m’a fait chaud au cœur.
Un grand Merci à toute cette famille.

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Bus pour Chiloé

Le bébé s’est endormi au sein maternel.
Sa petite grande sœur aussi, genoux recroquevillés, ballotée par la houle du bus
Elle doit sentir son corps s’alourdir dans les virages puis s’alléger ensuite.
Plaisir.

De toute façon elle le connait par cœur ce paysage qui défile.
Rural et sylvestre, un peu de Suisse, un peu de Canada.
Petites maisons de bois, toits de tôle ondulée bleu pervenche, carmin ou vert fané.
De l’aluminium aussi, qui éblouit et donne un air futuriste. Incongru.

Tout naturellement un homme prend en charge le barda de la maman
et cornaque la petite grande sœur.
Ils descendent tous les deux au même carrefour désert.

Le bus redémarre et bientôt, à nouveau le futur nous éblouit.
Fermer les yeux, se recroqueviller sur son siège.
Attendre le poids des virages.

 

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Une petite étincelle

Au balcon de la maison de Andy mon logeur, vue sur la baie de Valparaiso.  Comme chaque matin la brume au loin estompe Viña del mar et les cargos du port tournent lentement autour de leur ancrage.
Il est 9h, les toits de tôle ondulée cliquètent déjà sous le soleil. Les deux vieilles dames d’en dessous époussettent un tapis puis se posent un instant à la balustrade pour regarder un peu la vue.
Quand tout à coup….
« Dans le port de Valparaiso il y a un rue qui monte et ne descend jamais…. »
Soudain jaillit cette phrase dans ma tête. Mais oui ! « Dans le port de Valparaiso il y a un rue qui monte et ne descend jamais…. » ! Je suis pratiquement sûr que c’était ça.
La phrase d’ouverture de l’émission de radio de Claude Villers  sur France-Inter : « Marche ou rêve » !
Vague de plaisir dans les neurones.
Cette phrase me fascinait. Pour moi c’était vraiment le début d’un rêve, d’une envie, le voyage.
Au milieu des années 70, une fenêtre ouverte chaque soir sur l’ailleurs, la balade,  la rencontre, le temps d’aimer les choses et les gens. Le temps de vivre vraiment.
Et voilà j’y suis, un peu, beaucoup, grâce à toi. Merci Claude, je me permets de te tutoyer car là dans cet ville tu es l’ami qui me fait redécouvrir un souvenir caché. Plus que ça, la petite étincelle qui….

Une réflexion au sujet de « Textos »

  1. Mon cœur se serre en lisant ça…Bouffée des choses partagées et encore si présentes. La voix si particulière de Claude Viller, dans la même cuvée que celle de Gérard Sire….Merci de l’évocation émouvante pour moi de cette trace.

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